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Figures de styleFigure de style

L’accumulation, figure de style : empiler les éléments pour l’effet

n. f., figure de style (amplification)

Entrée rédigée par Ambroise Marchessault · relue par Hortense Valleray · lue le

Une pile de feuilles annotées à l’encre violette, débordant d’un plateau de bois

Aperçu

Le procédé

De nombreux termes sont rassemblés dans une même phrase ou période, afin de donner force et relief à l’idée ou de faire tableau.

Sens 1

Ce que disent les dictionnaires

La 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française définit l’accumulation, en rhétorique, comme la figure par laquelle on réunit en une même phrase, une même période, un grand nombre de termes destinés à donner de la force et du relief à l’idée exprimée. Le Trésor de la langue française y voit une longue énumération de mots destinée à frapper le lecteur, et cite Morier, qui distingue l’amplification de l’accumulation, dans laquelle la simple énumération des détails finit par frapper le lecteur.

Larousse la décrit comme un procédé rhétorique pour développer une phrase en s’appuyant sur la relation lexicale tout/partie, pour construire un ensemble lié, destiné à faire tableau, et ajoute que c’est aussi une tactique argumentative : l’addition de preuves.

Sens 2

Accumulation, énumération, gradation

La 9e édition de l’Académie définit l’énumération comme la figure qui détaille toutes les circonstances d’un fait ou tous les éléments d’un ensemble. La gradation, elle, assemble en une énumération plusieurs termes qui enchérissent les uns sur les autres : « va, cours, vole » est une gradation ascendante.

On retient que l’accumulation vise le nombre et le tableau, l’énumération le détail complet, la gradation la progression en intensité. Les trois peuvent se recouvrir dans une même phrase, et les manuels ne tracent pas toujours la frontière au même endroit.

Sens 3

Reconnaître une accumulation

Comptez les termes. Trois ou quatre suffisent à parler de liste ; l’accumulation commence quand le nombre devient lui-même le message. La phrase de Voltaire en est le modèle : cinq noms d’instruments de guerre, séparés par des virgules, jusqu’à saturer l’oreille, avant la chute ironique sur l’enfer.

Regardez ensuite la ponctuation. Les virgules ou l’asyndète (absence de « et ») accélèrent la lecture, alors que des « et » répétés la ralentissent et donnent un effet de lourdeur.

Sens 4

Les effets recherchés

D’abord l’impression de quantité ou de désordre : un bureau encombré, une foule, un vacarme. Ensuite l’argumentation : Larousse note que l’addition de preuves est une tactique pour persuader. Enfin l’ironie, car l’énumération fait vite tomber le sérieux quand les termes sont disparates.

Dans un texte pratique, la même forme existe sans intention de style : l’inventaire d’un colis ou d’une liste d’invités. La nuance tient à la visée : informer dans un cas, frapper dans l’autre.

Sens 5

Écrire une accumulation sans l’alourdir

Gardez des termes de même nature (tous des noms, tous des verbes). Variez leur longueur pour éviter le martèlement mécanique et placez le terme le plus fort, ou le plus inattendu, en dernier. Arrêtez-vous quand l’idée est passée : la figure se dessert d’elle-même au-delà de cinq ou six éléments.

Pour une liste voulue répétitive, voir la répétition ; pour une symétrie de construction, le parallélisme.

Phrases-témoins

Des phrases de l’équipe ou de textes du domaine public, avec le mot étudié en évidence.

Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer (Voltaire, Candide).

Sur le bureau : des dossiers, des factures, des lettres, des notes, des carnets, une tasse froide.

Il fallait trier, classer, signer, tamponner, archiver, et recommencer.

Elle emporta une valise, deux sacs, un carton, un parapluie, un oiseau en cage.

À retenir

  • L’accumulation vise l’effet de masse : beaucoup de termes, serrés dans une phrase.
  • Elle diffère de l’énumération (qui détaille) et de la gradation (qui monte en intensité).
  • Les ouvrages ne la séparent pas toujours nettement de l’énumération : suivez la définition de votre référence.

Ne pas confondre

  • Accumulation et énumération : l’énumération détaille les éléments d’un ensemble (Académie) ; l’accumulation entasse les termes pour l’effet de masse.
  • Accumulation et gradation : dans la gradation, chaque terme enchérit sur le précédent (« va, cours, vole ») ; dans l’accumulation, l’ordre importe moins que le nombre.
  • Accumulation et répétition : l’accumulation réunit des termes différents ; la répétition reprend le même.

Source lue

Lu le 09/10/2026 : l’entrée « accumulation » de l’Académie (9e édition), du Trésor de la langue française et de Larousse ; les entrées « énumération » et « gradation » de l’Académie, par le portail lexical du CNRTL. L’exemple de Voltaire est un texte du domaine public, cité pour sa forme ; les autres exemples sont de l’équipe.

Sources lues le .

Questions courtes

Quelle différence entre accumulation et énumération ?

L’énumération détaille les éléments d’un ensemble ou les circonstances d’un fait. L’accumulation entasse les termes pour frapper le lecteur par le nombre. Les ouvrages ne les distinguent pas tous de la même manière.

Combien d’éléments faut-il pour une accumulation ?

Aucun nombre ne figure dans les définitions lues. Les dictionnaires parlent d’un grand nombre de termes : c’est l’effet de masse qui compte, non un seuil chiffré.

L’accumulation sert-elle aussi à argumenter ?

Oui, Larousse y voit une tactique argumentative : additionner des preuves pour favoriser la persuasion.