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Le parallélisme, figure de style : répéter une construction pour la faire entendre
n. m., figure de style (construction)
Entrée rédigée par Ambroise Marchessault · relue par Hortense Valleray · lue le

Aperçu
Le procédé
Deux membres de phrase ou davantage reprennent la même suite de fonctions grammaticales ; seuls les mots qui les remplissent changent.
Sens 1
Même moule, mots différents
Un parallélisme se repère à la forme avant le sens. Laurent Jenny, dans son cours de méthodes sur les figures de rhétorique, le décrit comme le fait de dédoubler des constructions syntaxiques analogues appliquées à des contenus différents. On peut le noter A-B / A-B : chaque lettre est une fonction (sujet, verbe, complément), et la suite revient dans le même ordre.
Aucun mot n’a besoin de revenir. « Il lit pour comprendre, elle écrit pour transmettre » repose sur deux fois la même suite, pronom, verbe, groupe en « pour », sans que le moindre mot plein soit répété.
Sens 2
Ce que disent les dictionnaires du mot
Le mot n’a pas toujours désigné une figure de phrase. Dans la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française, l’entrée « parallélisme » ne donne que l’état de droites ou de plans parallèles et, au figuré, une évolution comparable. Larousse ajoute un sens littéraire : dans la poésie orientale, une forme de style qui partage la pensée en membres de phrases parallèles, selon un certain rythme.
Le Trésor de la langue française relève, pour le sens de procédé poétique chez les Hébreux et en Orient, un premier emploi en 1882, et rattache le mot au grec parallêlismos. Pour la figure de construction qui nous occupe, les sources parlent de parallélisme syntaxique : même procédé, nom un peu différent selon l’ouvrage.
Sens 3
Reconnaître un parallélisme
Découpez la phrase en membres, aux virgules, aux points-virgules, aux « et ». Pour chaque membre, notez la fonction des groupes : sujet, verbe, complément, subordonnée. Si la suite est la même d’un membre à l’autre, le parallélisme est établi. Si les mêmes termes reviennent dans un autre ordre, il s’agit d’une autre figure.
Le vers de Racine cité par Laurent Jenny en donne un cas net : « j’ai langui, j’ai séché » puis « dans les feux, dans les larmes » forment deux paires bâties sur le même schéma. Jenny ajoute que ce cadre syntaxique abrite une distribution symétrique de sens, entre la douceur et la brûlure, entre le feu et l’eau.
Sens 4
À quoi sert cette symétrie
D’abord au rythme : un moule qui revient installe une cadence, et la phrase se retient plus facilement. Ensuite à l’opposition : quand deux membres se ressemblent par la forme, l’écart de sens saute aux yeux. « On promet à la rentrée, on oublie à Noël » doit son effet à ce voisinage.
Le parallélisme sert aussi l’équilibre d’une description ou d’un argument : deux raisons de même poids, présentées de la même façon, se lisent comme égales. Il s’use si on l’impose à chaque phrase ; il fonctionne mieux quand le sens progresse d’un membre à l’autre.
Sens 5
Anaphore, chiasme, parallélisme : trois relations de forme
L’Académie définit l’anaphore comme la répétition voulue de mots en tête d’une série de propositions ou de vers, et cite la tirade de Camille dans Horace de Corneille : « Rome, l’unique objet de mon ressentiment… ». Le chiasme, lui, inverse l’ordre des termes dans deux membres symétriques ; l’Académie donne « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger ».
Une phrase peut cumuler les trois : un parallélisme dont chaque membre commence par le même mot est aussi une anaphore. À l’inverse, deux membres de même forme, sans mot commun, restent un parallélisme pur. Pour la répétition de mots seule, voir la page sur la répétition. Repérer ces relations de forme sert aussi à l’explication linéaire demandée à l’oral du bac de français.
Phrases-témoins
Des phrases de l’équipe ou de textes du domaine public, avec le mot étudié en évidence.
Il lit pour comprendre, elle écrit pour transmettre.
« J’ai langui, j’ai séché, dans les feux, dans les larmes » (Racine, vers cité par Laurent Jenny).
On promet à la rentrée, on oublie à Noël.
Plus on écrit, plus on relit ; plus on relit, plus on coupe.
À retenir
- Le parallélisme tient à la construction, pas aux mots : on peut en avoir un sans aucune répétition de vocabulaire.
- Pour le repérer, découpez la phrase en membres et comparez la fonction des groupes, un à un.
- Il se distingue de l’anaphore (mots répétés en tête) et du chiasme (ordre inversé).
Ne pas confondre
- Parallélisme et anaphore : l’anaphore est la répétition voulue d’un ou plusieurs mots en tête d’une série de propositions ou de vers (Académie française) ; le parallélisme répète une construction, avec ou sans mots communs.
- Parallélisme et chiasme : le chiasme inverse l’ordre des termes dans deux membres symétriques ; le parallélisme garde le même ordre dans les deux.
- Parallélisme (figure) et parallélisme (droites, roues, évolutions) : même mot, usages sans rapport avec le style ; seul le contexte tranche.
Source lue
Lu le 09/10/2026 : les entrées « parallélisme », « chiasme » et « anaphore » du Dictionnaire de l’Académie française (9e édition) et du Trésor de la langue française, par le portail lexical du CNRTL ; l’entrée « parallélisme » de Larousse ; le cours de Laurent Jenny sur les figures syntaxiques (Université de Genève). La définition de la figure suit ces textes ; aucune règle n’est donnée de mémoire.
- Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition (texte repris par le portail lexical du CNRTL), entrée « parallélisme »
- Trésor de la langue française informatisé (portail lexical du CNRTL), entrée « parallélisme »
- Larousse, Dictionnaire de français, entrée « parallélisme »
- Laurent Jenny, Les figures de rhétorique, figures syntaxiques (Université de Genève)
Sources lues le .
Questions courtes
Le parallélisme exige-t-il de répéter des mots ?
Non. Il demande de répéter une construction. Les mots peuvent changer d’un membre à l’autre ; c’est même souvent ce qui rend l’effet sensible.
Quelle différence entre parallélisme et anaphore ?
L’anaphore répète des mots au début de plusieurs propositions ou vers. Le parallélisme répète la structure grammaticale. Les deux peuvent se combiner dans la même phrase.
Le parallélisme est-il toujours une figure voulue ?
Non, on en produit sans y penser. Il devient une figure de style quand l’auteur s’en sert pour un effet : rythme, opposition, équilibre.
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