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Figures de styleFigure de style

La répétition, figure de style : quand redire sert le propos

n. f., figure de style (insistance)

Entrée rédigée par Ambroise Marchessault · relue par Hortense Valleray · lue le

Une feuille manuscrite où le même mot est souligné trois fois à l’encre violette

Aperçu

Le procédé

Un même terme, un même tour ou un même son revient à plusieurs reprises, par choix, pour mettre en relief une idée ou une émotion.

Sens 1

Une reprise voulue

Le Trésor de la langue française range la répétition parmi les figures de rhétorique qui consistent à employer plusieurs fois soit le même terme, soit le même tour, pour mettre en relief une idée ou un sentiment. La 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française précise le champ littéraire : reprise d’un même son, d’un même terme, d’un même tour, par volonté d’insistance, de symétrie ou dans toute autre intention esthétique.

Le mot qui compte dans ces deux définitions est « pour » : la figure existe quand on peut dire à quoi sert la reprise.

Sens 2

Une famille de figures

L’Académie range sous la répétition plusieurs figures nommées. L’allitération, l’assonance et l’homéotéleute se fondent sur la répétition de sonorités ; l’accumulation, l’anaphore et l’épanalepse reposent sur la répétition de mots et d’idées.

La répétition au sens large est donc le tronc commun. Quand la reprise a une place fixe (début de membres, fin de membres) ou une forme précise, elle reçoit un nom plus étroit. Quand elle n’en a pas, on parle simplement de répétition.

Sens 3

Faire le tri entre figure et redite

Relisez le passage à voix haute. Si le mot revient et que la phrase gagne en force, la reprise tient son rôle. Si le mot revient parce qu’aucun autre ne s’est présenté, c’est une redite. Larousse le dit dans la parenthèse de sa définition : la répétition peut être une tournure jugée fautive, comme une redite ou un doublon, ou un effet de style volontaire, comme l’allitération, l’assonance ou l’anaphore.

Un test simple : supprimez la deuxième occurrence. Si le sens ne perd rien, ni la tension, ni le rythme, c’était une redite. Si la phrase s’affaiblit, la reprise travaillait.

Sens 4

Où placer la reprise

La place change l’effet. En tête de membres, elle crée une cadence et prépare l’attente : c’est l’anaphore, dont l’Académie donne la tirade de Camille dans Horace de Corneille. En fin de membres, elle clôt chaque élan sur le même mot. Collée à elle-même (« très, très doucement »), elle appuie un seul mot. Répartie dans un paragraphe, elle installe un motif que le lecteur finit par attendre.

Dans une même phrase de quelques lignes, deux mots répétés suffisent. Au-delà, le procédé devient visible et lasse, sauf si le texte cherche justement l’effet de ressassement.

Sens 5

La reprise en dehors du style

Le mot « répétition » recouvre d’autres emplois que le style. Les dictionnaires y rangent aussi la reproduction régulière d’un motif en architecture ou en peinture, la séance de travail d’un spectacle, et, en droit, l’action par laquelle on réclame ce qui a été payé sans être dû. Dans une page sur la langue, c’est toujours le sens rhétorique qui est visé. Pour la liste à effet, voir l’accumulation, proche cousine.

Phrases-témoins

Des phrases de l’équipe ou de textes du domaine public, avec le mot étudié en évidence.

Impossible d’avancer : personne pour répondre, personne pour ouvrir, personne nulle part.

Il faut relire, relire encore, et relire une dernière fois avant d’envoyer.

Elle parlait doucement, très doucement, pour que personne ne se réveille.

Le vent soufflait, la pluie battait, la pluie n’en finissait pas de battre.

À retenir

  • Une répétition devient une figure quand on peut nommer son effet : insister, scander, faire sentir une obsession.
  • Sans effet cherché, la même reprise est une redite : la supprimer ou la remplacer allège le texte.
  • Anaphore, épanalepse, allitération et autres sont des répétitions à forme précise.

Ne pas confondre

  • Répétition et redite : Larousse range sous « répétition » la tournure jugée fautive (redite, doublon) comme l’effet de style volontaire ; seule l’intention les sépare.
  • Répétition et anaphore : l’anaphore est une répétition à place fixe, en tête de propositions ou de vers ; la répétition peut tomber n’importe où dans la phrase.
  • Répétition et pléonasme : le pléonasme ajoute des mots de même sens, la répétition reprend les mêmes mots.

Source lue

Lu le 09/10/2026 : l’entrée « répétition » du Trésor de la langue française et du Dictionnaire de l’Académie française (9e édition), par le portail lexical du CNRTL ; l’entrée « répétition » de Larousse, dont la parenthèse distingue la tournure fautive de l’effet de style. Les exemples sont de l’équipe.

Sources lues le .

Questions courtes

Une répétition est-elle toujours une faute ?

Non. Larousse la définit comme la reprise de la même idée ou du même mot, qui peut être une tournure jugée fautive ou un effet de style volontaire.

Quelle différence entre répétition et anaphore ?

L’anaphore est une répétition voulue, placée en tête d’une série de propositions ou de vers. La répétition, elle, peut se trouver à n’importe quel endroit du texte.

Comment éviter une répétition qui alourdit ?

Supprimez la reprise, remplacez le mot par un équivalent ou par un pronom, ou fusionnez les deux phrases. Gardez-la seulement si elle sert un effet précis.